Un programme cohérent sur papier peut être difficile à mettre en pratique.

L’écart ne vient pas toujours du contenu. Il peut venir de la préparation des personnes, des ressources disponibles ou de décisions dont personne n’a clairement la responsabilité.

La conception et la mise en œuvre locale sont liées. L’objectif doit rester clair lorsque le programme passe entre les mains d’un entraîneur, d’une personne-ressource, d’un membre du personnel ou d’un bénévole.

Le contexte fait partie de la conception

Depuis 2016, je travaille au PAISAC avec des entraîneurs d’Afrique et des Caraïbes, en français et en anglais. Les principes doivent prendre forme dans des contextes sportifs, culturels et organisationnels variés.

La question n’est pas seulement de savoir si un principe s’applique ailleurs. Comment les personnes, le temps, les installations et le soutien disponibles en influencent-ils la mise en pratique?

Ces conditions font partie de la conception.

Mon mandat auprès de la Philippine Sports Commission et du Philippine Sports Institute porte sur un système national de certification des entraîneurs et une académie de formation des responsables du développement des entraîneurs. Il relie les exigences, le contenu, les ressources pour les formateurs, les activités d’apprentissage et les outils de mise en œuvre.

Ces éléments doivent être pensés ensemble. Le contenu ne prépare pas à lui seul une personne-ressource. Une ressource ne décide pas qui la mettra à jour. Une exigence a besoin de personnes capables de l’interpréter et de l’appliquer.

Adapter la formule, préserver les preuves d’apprentissage

Prenons une formation d’une journée qu’on souhaite répartir sur plusieurs rencontres plus courtes. L’horaire change, mais les compétences attendues doivent toujours pouvoir être démontrées.

Si l’on retire une mise en pratique observée qui servait à évaluer l’apprentissage, on change autre chose que l’horaire. On modifie les éléments sur lesquels reposait l’évaluation.

Il faut donc préciser les preuves d’apprentissage encore nécessaires, qui peut approuver la nouvelle formule et quel soutien permettra de répondre aux mêmes attentes.

La formule sert l’apprentissage. L’adapter demande de préserver la capacité de porter un jugement valable sur ce que la personne sait faire.

CINQ QUESTIONS À RÉGLER ENSEMBLE

Préparer les personnes qui feront vivre le programme.

  1. Qui le mettra en œuvre et de quelle préparation ces personnes ont-elles besoin?
  2. Qu’est-ce qui doit rester commun?
  3. Qu’est-ce qui peut être adapté, et qui en décide?
  4. Comment les questions et la rétroaction seront-elles recueillies?
  5. Qui sera responsable des ressources après le lancement?

Transformez les réponses en responsabilités claires et en étapes réalistes. Discutez-en avec les personnes qui feront vivre le programme.

Suivez ensuite une partie du programme avec elles : que se passe-t-il concrètement, de quoi ont-elles besoin et où les repères manquent-ils?

Leur expérience doit nourrir la conception. Demandez-leur de vous montrer les endroits où le plan les oblige encore à deviner.

Les rôles au PAISAC et auprès de la Philippine Sports Commission et du Philippine Sports Institute sont décrits dans mon profil LinkedIn. L’adaptation de l’horaire d’une formation est un exemple illustratif.

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