Dans une publication récente sur LinkedIn, je remettais en question la place encore très grande des exposés dans la formation des entraîneurs. On présente des diapositives, puis des réponses. Sur le terrain, la réalité se présente rarement comme un diaporama.

Entraîner, c’est lire une situation, choisir ses priorités et s’adapter aux personnes devant soi. La formation doit laisser de la place à ce travail.

Commencer par la décision

Avant de choisir le contenu, demandons-nous à quelle décision l’entraîneur devrait être mieux préparé après la formation.

Le contenu a alors une fonction précise. La personne-ressource sait aussi ce qu’elle cherche à entendre, au-delà d’une définition bien retenue.

Imaginons un entraîneur qui prépare une séance pour un groupe dont les niveaux d’expérience et d’habileté varient. Que modifierait-il? Que garderait-il? Pourquoi?

Deux entraîneurs peuvent choisir le même jeu à effectif réduit. Le premier veut multiplier les contacts avec le ballon. Le deuxième veut réduire le temps et l’espace disponibles pour prendre une décision.

L’activité est la même, mais l’intention d’apprentissage diffère. Il faut leur demander ce qu’ils s’attendent à voir et ce qu’ils vont observer.

Si un entraîneur ne peut pas expliquer ce qui lui permettra de reconnaître un progrès, répéter la description de l’activité ne suffira peut-être pas. Une question peut faire avancer son raisonnement : que changeriez-vous si les athlètes touchaient plus souvent le ballon, mais continuaient à prendre leurs décisions dans la précipitation?

Connaître son sport et savoir l’enseigner

Dans un article de 2009, j’écrivais : « Connaître le jeu, c’est la partie facile; l’enseigner, c’est la partie difficile. » Traduction de l’anglais.

Je parlais notamment de donner une consigne claire, de laisser les jeunes essayer et de vérifier leur compréhension. Connaître son sujet ne donne pas automatiquement les moyens de l’enseigner.

Depuis janvier 2020, j’ai animé des modules du PNCE à plus de 500 reprises, en présence, à distance ou selon une formule hybride. Dans ma réflexion publiée sur LinkedIn, je revenais sur ce que je retiens de ces expériences : les moments où les entraîneurs travaillent une idée, en discutent, essaient quelque chose et repartent avec une piste concrète.

Le contenu prend une autre portée lorsqu’il rencontre leur expérience. Une bonne question rend leur raisonnement visible, ouvre la porte à une autre interprétation et ramène la discussion aux conditions dans lesquelles ils entraînent.

Prévoir la suite

Au Canadian Sport Institute Ontario, mon accompagnement d’une cohorte du Diplôme avancé en entraînement comprenait des rencontres hebdomadaires, de la réflexion, de la mise en pratique et de la coordination entre les entraîneurs et leurs mentors. L’apprentissage s’inscrivait dans un soutien continu.

Même lorsqu’on dispose d’un seul atelier, on peut rendre la prochaine étape explicite. À la prochaine occasion d’échanger, qu’aura changé l’entraîneur? Qu’aura-t-il observé? Que voudra-t-il essayer différemment?

La pratique fournit alors des éléments concrets pour poursuivre l’apprentissage.

TROIS QUESTIONS POUR PRÉPARER UNE ACTIVITÉ

Faire une place au raisonnement.

  1. Quelle véritable décision d’entraînement voulons-nous explorer?
  2. Comment les participants vont-ils expliquer et comparer leur raisonnement?
  3. Qu’essaieront-ils ensuite, et quelle rétroaction les aidera à évaluer leur démarche?

Les réponses dépendront des personnes, du sujet et du soutien disponible. Elles nous obligent à penser à ce que nous allons dire, mais aussi à la façon dont les entraîneurs pourront réfléchir, mettre leurs apprentissages en pratique et progresser.

Cette note développe des idées de ma publication LinkedIn du 30 juillet 2026 et de mon article de 2009 sur l’enseignement du softball aux jeunes, reproduit avec attribution. Mon parcours en formation et en mentorat est décrit dans mon profil LinkedIn.

Discuter de cette idée avec Marc →

Qu’est-ce que cela évoque dans votre milieu?

Me suivre sur LinkedIn ↗