Un programme peut avoir un contenu solide, des collaborateurs compétents et un bon site Web, tout en restant difficile à utiliser.

Le problème se trouve parfois entre ces éléments. Quelqu’un doit interpréter le contenu, préparer une personne-ressource, aider un entraîneur à passer à la pratique ou répondre aux questions qui arrivent après la formation.

Ces passages de relais font partie du programme. Lorsqu’on les remet à la fin, on laisse aux personnes chargées de la mise en œuvre des problèmes qui auraient dû être réglés à la conception.

Mon travail m’a amené à passer de l’entraînement à l’enseignement, puis à la conception de programmes, aux communications et aux outils numériques. Une même question me suit : comment une bonne intention devient-elle une action que quelqu’un d’autre peut réellement accomplir?

Une question qui traverse mon parcours

En 2007, j’ai rédigé un guide sur le parcours vers le softball collégial américain. Il fallait parler de sport, mais aussi d’études, de finances et de vie quotidienne. Pour l’athlète, ces choix sont liés.

En 2008, j’ai fait partie du comité directeur de huit personnes qui a contribué au guide de développement à long terme du joueur de Softball Canada. Ce travail portait sur le parcours global de l’athlète.

Aujourd’hui, mon mandat auprès de la Philippine Sports Commission et du Philippine Sports Institute relie l’architecture d’un programme national, le contenu de formation, les ressources pour les formateurs et une académie de formation des responsables du développement des entraîneurs.

Le contexte et l’échelle changent. La question demeure : de quoi la prochaine personne a-t-elle besoin pour comprendre et utiliser ce qu’on lui transmet?

Transmettre plus qu’un document

Un passage de relais transmet une responsabilité, une interprétation et une part de jugement. La personne qui prend la suite doit savoir ce qu’on attend d’elle, ce qui compte le plus et ce qu’elle peut adapter.

Imaginons une personne-ressource qui reçoit un nouveau module à animer. Les diapositives sont prêtes. Elles n’expliquent pas nécessairement comment mener une discussion, accueillir un désaccord ou réagir lorsqu’un entraîneur répète la bonne réponse sans savoir la mettre en pratique.

La question dépasse donc « Le contenu est-il complet? ». Quelles décisions cette personne devra-t-elle prendre? Quelle préparation l’aidera à les prendre?

Il lui faudra peut-être un exemple, une répétition, de la rétroaction, l’appui d’un mentor ou des attentes plus claires. Ajouter du contenu ne répond pas à tous ces besoins.

Quatre passages de relais à examiner

1. Du savoir au jugement

Un expert peut expliquer une bonne pratique. Un entraîneur doit décider quoi faire avec des personnes précises, dans une situation précise.

La formation doit rendre cette décision visible. On peut comparer deux choix, demander ce qui les justifie et examiner leurs conséquences. Avant de compter les diapositives, demandons ce que l’entraîneur devra faire avec l’idée.

2. Du programme au milieu local

Un objectif commun ne suppose pas des conditions identiques.

Au PAISAC, je travaille en français et en anglais avec des entraîneurs d’Afrique et des Caraïbes. Les personnes, les installations, les horaires et le fonctionnement des organismes font partie de la réalité de la formation.

Il faut distinguer ce qui doit être préservé de ce qui peut être adapté, avec les partenaires locaux. À force de chercher l’uniformité, on peut imposer une formule mal adaptée. À force de laisser toute la place à la souplesse, on peut laisser les gens sans repères.

3. De la ressource à l’utilisation courante

Un bénévole cherche le guide à jour. Un entraîneur revient à une ressource après une formation en ligne. Une personne-ressource doit comprendre une exigence qui vient de changer.

Mes rôles en communications et en activités numériques auprès de l’USCCE, de l’ICCE et d’Orienteering Canada m’amènent à regarder ces situations comme un même parcours. Une page Web, un courriel et une plateforme peuvent appartenir à des équipes différentes. Pour la personne qui cherche une réponse, ils doivent fonctionner ensemble.

4. Du lancement au suivi

Qui remarque un lien brisé, une exigence modifiée ou une question qui revient sans cesse? Qui peut agir?

Il faut une personne responsable, un moyen de lui faire parvenir les questions et l’autorité nécessaire pour corriger ce qui doit l’être. Un petit programme n’a pas besoin d’une structure lourde. Il a besoin d’une responsabilité claire et d’un suivi réaliste.

UN EXERCICE À ESSAYER

Décrivez un passage de relais.

Choisissez une seule transition dans un programme que vous connaissez. Répondez à ces cinq questions :

  1. Qui prendra la suite?
  2. Quelle décision devra-t-elle prendre ou quelle action devra-t-elle accomplir?
  3. Que doit-elle comprendre, à quoi doit-elle s’exercer et quelles ressources doit-elle pouvoir trouver?
  4. Qu’est-ce qui doit rester commun et qu’est-ce qu’elle peut adapter?
  5. Où iront ses questions et qui en fera le suivi?

Validez ensuite vos réponses avec cette personne. Le relais qu’on croit avoir préparé et celui que l’autre comprend ne sont pas toujours les mêmes.

Observer avant de corriger

Demandez à une personne-ressource qui n’a pas participé à la conception de préparer une séance avec le matériel prévu. Regardez où elle hésite.

Si l’objectif est flou, il faut peut-être mieux l’expliquer. Si elle le comprend, mais manque d’expérience pour mener la discussion, il lui faut peut-être une répétition et de la rétroaction. Si deux documents présentent des exigences contradictoires, quelqu’un doit trancher.

Ce sont trois problèmes différents. Plus de contenu n’est qu’une réponse possible.

Et l’intelligence artificielle?

L’IA peut aider à rédiger une explication à partir de documents approuvés ou à regrouper des questions. Elle ne décide pas qui est responsable du programme et ne remplace pas une conversation avec un partenaire local.

Il faut d’abord préciser la tâche et la personne qui vérifiera le résultat. Sinon, on risque simplement de faire circuler plus vite ce qui n’était pas clair au départ.

Le lien entre les personnes et les systèmes

Le travail de l’entraîneur et les conditions dans lesquelles il s’exerce sont liés. Ces conditions peuvent l’aider ou lui compliquer la tâche.

Développer les personnes et améliorer ce qui les entoure font partie de la même conversation.

Pour évaluer un programme, je reviens donc à un test concret : la prochaine personne peut-elle comprendre l’objectif, prendre une décision éclairée et trouver du soutien?

Repères : le guide de 2007 sur le softball collégial est présenté comme un document d’époque, sans constituer un conseil actuel en recrutement. Les remerciements du guide de Softball Canada de 2008 précisent la contribution du comité. Les rôles professionnels sont décrits dans mon profil LinkedIn. La situation de la personne-ressource qui reçoit un module est un exemple illustratif.

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