J’ai commencé à entraîner à 13 ans.
Ma sœur s’inscrivait à une autre saison de softball. Une affiche de l’association invitait les gens à devenir entraîneurs bénévoles. On m’a demandé si je voulais m’impliquer, et je suis devenu adjoint auprès de son équipe des moins de huit ans.
J’aimais enseigner. J’aimais cette possibilité d’aider quelqu’un à apprendre et d’avoir une influence positive.
Dans une entrevue à Davao, en 2018, je l’ai exprimé ainsi : « J’ai davantage aimé entraîner que jouer. » Traduction de l’anglais.
Une décision difficile, puis dix ans de silence
Plus tard, alors que j’étais encore un jeune entraîneur, j’ai accompagné une athlète adolescente pendant une saison. L’année suivante, il y avait plus de joueuses que de places disponibles. Après une réflexion difficile, je ne l’ai pas retenue dans l’équipe.
Je n’ai pas eu de ses nouvelles pendant une dizaine d’années.
Puis elle est venue me voir au salon funéraire, après le décès de mon père.
Elle m’a expliqué que mon soutien avait compté pendant une période difficile de sa vie. Elle souhaitait être là pour moi à son tour.
Je rapporte ici le sens de ses paroles. Ce qui m’a marqué, c’est l’importance qu’avaient eue pour elle des gestes qui faisaient simplement partie de ma façon d’entraîner : écouter, encourager, accueillir et donner une chance d’apprendre.
La relation dépasse la sélection
Prendre soin d’une personne n’élimine pas les décisions difficiles. La décision de sélection avait bien eu lieu.
Mais elle n’avait pas résumé toute son expérience. La relation qui l’entourait avait aussi compté.
Une liste de joueuses retenues ne peut pas montrer tout ce qu’une athlète a vécu avec son entraîneur.
J’ai aussi appris de Patrick Murphy, l’entraîneur de softball de l’Université de l’Alabama, à porter attention à l’être humain derrière le talent. Cette idée m’accompagne encore.
Ce que les gens retiennent
Un CV peut donner une première crédibilité. Ensuite, les gens découvrent comment on les traite.
Est-ce qu’on leur porte attention? Est-ce qu’ils se sentent accueillis? Est-ce qu’on les aide à progresser?
Cette perspective traverse aussi mon travail en formation des entraîneurs. Les connaissances et les exigences comptent. Les personnes qui les interprètent, ainsi que le milieu dans lequel elles apprennent, comptent aussi.
Je suis fier de voir d’anciennes athlètes qui aiment encore le jeu. Leurs réalisations leur appartiennent. Comme entraîneur, je souhaite avoir contribué à leur apprentissage, à leur sentiment d’être soutenues et au plaisir qu’elles ont eu à pratiquer leur sport.
UNE QUESTION À GARDER EN TÊTE
Au-delà de ce que vous allez enseigner aujourd’hui, que vont vivre vos athlètes?
Pensez à votre façon d’écouter, de répondre et de prendre vos décisions. C’est aussi là que se construit leur expérience.
Ce récit reprend ma réflexion dans l’épisode 3 de Developing Impactful Coaches in Canada, en anglais : mes débuts à 01:10, les retrouvailles à 14:11 et la réflexion à 16:02. Les paroles de l’athlète sont rapportées en substance. La citation de 2018 est traduite de l’entrevue publiée dans SunStar.
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